Georges-Simon SERULLAS (1774-1832)

Georges-Simon Sérullas est né le 2 novembre 1774 à Poncin dans une petit ville de l'Ain d'un père notaire.

Il s'agit d'une famille noble d'origine espagnole. Il fait ses études au collège de Nantua.

En 1791, il s'enrôle comme simple soldat au sein du 3 ème bataillon des volontaires du département de l'Ain.serullas

Le gouvernement ayant décidé de recourir aux jeunes soldats les plus instruits pour les affecter aux ambulances, Sérullas est muté le 1er août 1792 à l'hôpital militaire de Grenoble, centre formateur des officiers de santé. Il embrasse alors la carrière d'apothicaire militaire.

Après une année d'exercice, il est envoyé à Saint Jean de Maurienne auprès d'un autre pharmacien militaire illustre, Laubert qui va l'initier à la botanique, à la physique et à la chimie.

En 1793, Sérullas devient pharmacien major et rejoint l'Armée d'Italie. Lodibert évoque son souvenir en ces termes :

"aux ambulances de l'armée d'Italie, il devient le préparateur d'un cours de chimie qu'entreprit à cette époque à l'hôpital d'Oneille M. Laubert., le Nestor de la pharmacie militaire.

Sous ce maître habile, Serullas exécute pour la première fois les belles expériences de la chimie pneumatique ; il y consacre tous ces momens. Les mouvemens de l'armée l'arrache de nouveau travaux du laboratoire : il est désigné pour remplir les fonctions de pharmacien major à l'ambulance légère du quartier général le 21 novembre 1726 et obtint peu après le brevet de ce grade.

A la paix de Loeben le 13 avril 1797 Serullas fut placé à Padoue, il reprend aussitôt ses études à l'université de cette ville et se met en devoir d'obtenir un grade académique en rapport avec la pharmacie. Il se fait recevoir Maître es arts et se disposait à prendre le diplôme de Docteur es sciences lorsqu'une grave maladie causée par ses veilles pour étudier, vint l'accabler et le laisser tellement languissant qu'il voulu demander à se retirer du service. Les conseils de M. Laubert furent seuls assez puissans pour le détourner de cette intention, et pour le conserver dans nos rangs.
Il fut immédiatement après désigné pour faire partie de la deuxième expédition d'Egypte. Il se rend à sur la Méditerranée mais le désastre de la bataille navale d'Aboukir le 2 août 1798 défendant à la flotte de quitter Toulon il profita de son séjour dans cette ville pour suivre les exercices de l'hôpital d'instruction des armées où Laugier professait alors la chimie.

Rappelé en Italie, Serullas fut frappé par la réforme qui s'opérait dans le personnel du service de santé; il fut employé comme aide-major jusqu'à ce que, peu de temps après, Parmentier lui fit rendre son grade de major en 1801.

Il réchappe du typhus qui sévissait alors en Italie et après la bataille de Marengo, Serullas demande un poste sédentaire, il obtint la direction de la pharmacie centrale de Turin en 1803et plus tard celle du service pharmaceutique de l'hôpital d'Alexandrie le 20 décembre 1810 jusqu'en février 1811. C'est alors qu'il s'occupa avec son ardente activité de la fabrique du sucre de raisin..Il lui fut décerné une médaille d'or au concours sur la matière sucrée des végétaux...

Nommé pharmacien Principal pour la campagne de Russie, une fièvre intermittente retarda son départ et conserve ainsi Serullas à la science.

Il ne pu rejoindre la Grande Armée que début 18013, il devint pharmacien Principal du 3ème corps commandé par le Maréchal Ney le 21 mars 1813. C'est alors que j'eus le bonheur de me trouver sous ses ordres et de recevoir de fréquents témoignages de sa bienveillance, de son amitié.

A l'époque de la bataille de Leipzig, Serullas courut de très grands dangers et fut forcé de se jeter dans la forteresse de Torgau où il partagea le triste sort de la garnison...

Rentré en France en 1814, il fut chargé d'un service de surveillance et d'inspection des nombreux hôpitaux encombrés à Paris de malades des alliés. Dans cette position Serullas employe tous ses moments de loisirs à se mettre au niveau des connaissances et découvertes du jour. On le vit assidûment sur les bancs des amphithéâtres de chimie et d physique du Jardin des plantes et des collègues Du Plessis et de France.

Combien de fois ne suis-je pas trouvé assis auprès de lui, admirant son attention et recueillant ensuite de sa bouche des répétitions et des éclaircissements qu'il se faisait un plaisir de donner sur les leçons savantes de Vauquelin, Laugier, Gay-Lussac et Biot, que nous venions d'entendre.

C'est ainsi que dans sa modeste chambre du quartier Saint Jacques, le premier il se rendit témoins du mouvement giratoire du camphre sur l'eau. Phénomène qu'il devait plus tard retrouver et expliquer par la réaction des alliages de potassium et de sodium sur le mercure humide".

Serullas est nommé Principal au 4ème corps d'armée le 11 avril 1815 et fait la campagne de Belgique et il est licencié le 5 août 1815.

"A la réorganisation du service de santé et des hôpitaux d'instruction militaires, Serullas fut chargé de l'hôpital militaire de Metz d'abord comme second professeur puis comme premier professeur le 4 février 1816 et Il dispense des cours publics de chimie et entreprend des recherches sur le brome, l'iode et certains acides (voir ouvrages et travaux).
En 1825 il passe à l'hôpital du Val-de-Grâce.

Les découvertes dont il enrichit la science concernent spécialement le potassium et les alliages ; la présence d'arsenic dans les préparations antimoniales ; le carbure de potassium et d'antimoine, le proto et per-iodure de carbone, le iodure de cyanogène, le brome et ses combinaison, le gaz acide chloro-cyanique... Ces travaux tous faits au péril de sa vie sur les corps les plus délétères et qui donnèrent naissance à des composés des plus étonnans que la chimie puisse créer élèvent Sérullas au fauteuil académique (il remplace Vauquelin le 28 décembre 1829) et l'appelère à s'assoir au Jardin des Plantes dans la chaire de son ami Laugier lorsque l'impitoyable mort vint le frapper au milieu de ses projets... " Discours aux lauréats de la pharmacie militaire Lodibert vers 1833.

Il fut également président de la société de pharmacie et officier de la légion d'honneur.

Décédé à l'age de 58 ans le 25 mai 1832 à 13h00 emporté par le choléra. Ses funérailles se firent aux frais de l'Etat qui rendit ainsi un hommage national à sa mémoire. Il est enterré au Père Lachaise.

 

Ouvrages et travaux :
 

 

Références

Thèse de Sylvie Oullieux . "contribution à l'histoire de la pharmacie : les pharmaciens de la grande armée" Université Claude Bernard Lyon I, 5 décembre 1986.

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