BAYEN Pierre (1725-1798)bayen


Pierre Bayen est né le 7 février 1725 à Châlons-sur-Marne septième et dernier enfant d’un père boulanger.
Il perd très jeune ses parents et il est élevé par une de ses sœurs ainées. A neuf ans il est placée au collège de Troyes où il poursuit ses études. Très attiré par les sciences notamment la botanique et la chimie, science toute récente, il embrasse la carrière pharmaceutique.

Il est placé chez un pharmacien, Faciot à Reims. Chez cet apothicaire, il parfait sa culture scientifique. Deux plus tard, il se rend à Paris en 1749, et intègre une pharmacie celle de Charas. Ensuite il accepte de diriger la pharmacie de Piarron de Chamousset et suit les cours du célèbre chimiste Rouelle dont il devient un des intimeRouelle est professeur de chimie au jardin du roi, il sera l'un des maîtres de Lavoisier et de Parmentier.

En 1755, grâce à l’appui de Rouelle, il débute sa carrière militaire à 30 ans et il est nommé pharmacien en chef de l’expédition de l’île de Minorque contre les Anglais. Il s’illustre dans l’approvisionnement en eau potable des troupes dans ce pays qui en était peu pourvu et par l’extraction de salpêtre destiné à la fabrication des mèches pour les bombes qui manquait à partir de la poudre à canon. Cette action fait toute la gloire de Bayen auprès de l'armée.
Après la prise de Mahon, Bayen est nommée Pharmacien en chef de l’armée d’Allemagne. "Il replit cette place avec un succés égal à la confiance qu'on lui avait accordée, ne cherchant, pour récompense des fatigues qu'il eut à essuyer, que la satisfaction de rendre d'utiles services dans les hôpitaux". "Tout paraissait manquer ; il suplléait à tout et savait tirer parti des moindres choses : le plus misérable hangar était par ses soins industrieux transformé en une salle où le malade pouvait recevoir les secours qu'exigeait son état... On le vit plusieurs fois charger sur son épaule des soldats gisants sur le champs de bataille. Le médecin en chef de l'armée, Richard, l'apprécia à sa juste valeur et se l'attacha par les seuls liens qui pouvaient convenir à un homme de la trempe de Bayen, par l'estime et par l'honneur".

Durant la guerre de Sept ans, il reste à ce poste de 1756 à 1763. Il travaille en collaboration avec le médecin en chef de l’armée Richard. Durant cette longue guerre Bayen organise la pharmacie militaire et il connaît un jeune apothicaire plein d'avenir, Parmentier, avec lequel il sera ami.

La paix revenue, Richard est fait baron de Haustesierck et inspecteur général des hôpitaux militaires tandis que Bayen, le 10 novembre 1766 à 41 ans, est nommé Pharmacien en chef des armées du roi.

De nombreuses réformes sont réalisées par ces deux hommes de 1763 à 1789, notamment dans le service des hôpitaux des armées qui en avaient bien besoin. Bayen réforme la pharmacie militaire afin de lui donner la rigueur que n'avait pas ce corps disparate aux qualités hétéroclites sous la coupe des médecins et des chirurgiens. Ce titre de Pharmacien en chef des armées du roi lui donne notamment la haute main sur les pharmaciens militaires, le pouvoir d’inspection et leur avancement en grade...

En 1765, à l’issue de cette guerre, il publie l'Analyse des eaux de Bagnères-de-Luchon.
A côté de cette activité militaire, il lui est confié en 1765 par le ministre de la Guerre l’analyse des eaux minérales de France. Il s’y attele avec beaucoup de rigueur et améliore les techniques d’analyses chimiques de ce domaine. Puis en 1768 il reçoit l’ordre d’analyser les remèdes en usage dans les hôpitaux, il s’intéresse notamment aux oxydes de mercure.

Durant plus de douze ans, il s'intéresse à l'analyse des minéraux et fait de nombreux mémoires sur les marbres, schistes, serpentines , granits, etc. mémoires qui sont insérés dans le Recueil des savants étrangers. En 1781, il publie avec Charland un travail sur l'étain et il montre que l'arsenic qui y est présent en faible quantité n'y est pas toxique.

Ces expériences ruinent la théorie dite de la phlogistique qui considérait que les corps combustibles étaient composés de la combinaison d'un radical incombustible avec un radical inflammable. Ce dernier étant responsable de la flamme, de la lumière et de la chaleur. Bayen montra par des expériences que tous les corps désignés sous le terme de chaux (oxyde) métalliques doivent leur excès de poids et tous les caractères qui les distinguent des métaux d'origine à l'absorption des éléments de l'air atmosphérique.

Bayen notamment, parvint à réduire de l'oxyde de mercure en mercure liquide en la chauffant en vase clos et prouva que dans l'opération, il se dégageait une matière gazeuse dont le poids était exactement le même avec celui du métal revivifié. Il publia ses découvertes dans le Journal de physique en 1774. Il peut revendiquer une part importante dans la découverte de l'oxygène à laquelle Lavoisier a seul attaché son nom.

Il décède à Paris le 15 février 1798 à l'âge de 73 ans ayant servi durant 42 ans la pharmacie militaire et les armées du roi.

Parmentier fera son éloge funèbre à la société de Médecine de Paris le 22 floréal an 6 en ces termes : "Bayen était un homme au jugement très sain, toujours dirigé par la force de la raison et l'habitude de l'expérience ; son esprit était vaste, lumineux et solide ; sa mémoire était prodigieuse, sa conversation toujours instructive et amusante. Il savait beaucoup, parlait bien, quelquefois longuement. Toujours content de son sort, il n'étendit jamais ses désirs au delà de ses besoins : l'amour de l'or ne souilla point son âme ; il porta le désintéressement jusqu'à l'excés ; plus attaché aux sciences qu'à sa fortune, il ne vivait que pour la patrie".

"o Bayen ! mon maître, mon collègue et mon ami ! quand je t'offre ce dernier hommage, une sorte de consolation se mêle à ma juste douleur ; c'est qu'au moins j'ai fait connôitre un homme inconnu, j'ose le dire, à lui-même ; et, qu'en ouvrant le dépôt de ta confiance et de ta pensée, j'ai vengé ton génie modeste de l'obscurité dont tu te plaisois à l'envelopper; mais que ce tribut coûte cher à l'amitié, puisque je n'ai pu le payer qu'à ton ombre".

C'est le seul pharmacien militaire dont le nom sera donné à un hôpital militaire, celui de sa ville natale : Chalon-sur-Marne.

 

Références

 

Labrude Pierre. Pierre Bayen (1725-1798) organisateur de la pharmacie militaire, chimiste. Revue histoire de la pharmacie. 1999, 87, (324), 459-464.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_1999_num_87_324_5002

Lemay P, Hehrmanie-Leturgie, Humbert-Guitard E, Bouvet M, Irissou L. Hommage à Bayen. Revue histoire pharmacie. 1956, 44, (151), 469-477. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_1956_num_44_151_6626

Oulieu Sylvie. Contribution à l’histoire de la pharmacie : les pharmaciens de la Grande Armée. Thèse d’état de docteur en pharmacie. 5 décembre 1986 ; Lyon I.

Pierre Larousse. Grand dictionnaire universel du XIX siécle. Paris 1867.

Balland A. Les pharmaciens militaires. 1913.

Parmentier A. 1798. Eloge de Pierre Bayen.

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